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Internet : transmission et héritage

  

                        Nouvelles technologies, nouveaux utilisateurs: lamentations vaines et stériles.

 

                                                                              ____________

 

Un auteur c'est une voix...

 Dans un avenir proche, il y a fort à parier que les auteurs choisiront d'autres supports que le livre et le papier... pour se faire entendre.

 Voyez ces tablettes de lecture numérique !

 

ebook.jpegMême si... le contenu étant indissociable du support, la lecture sur écran concernera très certainement une autre lecture pour une autre littérature.

 

Faut-il dès maintenant s'en plaindre ?

 

 Son et image : quand tout n'est pas perdu.

Pensons un instant à ce que le cinéma apporte à la transmission et à la diffusion de l'oeuvre d'un Shakespeare. Le cinéma est un fabuleux moyen de nous faire entendre la parole de cet auteur dans sa langue, et au plus près de l'acteur qui n’a plus besoin de hurler pour se faire entendre : c'est le cinéma qui rend justice au soliloque shakespearien et qui nous restitue la voix de cet auteur.

On peut aussi mentionner Proust chez Raoul Ruiz.

Là, maintenant, on pensera à Bergman, un des hommes les plus intelligents de la seconde moitié du XXe siècle. Que le cinéma ait pu rallier à lui un tel esprit... 

Et n'oublions pas non plus le multimédia pour une meilleure représentation et une meilleure compréhension des œuvres d'art !

Faut-il pour autant craindre que le son et l'image n'avalent tout, ogres sans pitié à l'encontre de la culture de l'écrit ?

 

 

                                                                        Transmission et héritage

internet_via_satellite_DVB_SCPC_450.jpg

 

Cette transmission, c'est encore par les livres qu'elle doit se faire puisque c'est dans les livres que l'on trouve les plus grandes voix de ce siècle. Et si ces voix sont ignorées, à partir de quoi, de qui, de quelle œuvre, on raisonne, on crée, on fait entendre une autre voix ? A quoi ressembleront les grandes voix de demain, lesquelles auront superbement ignoré les grandes voix d'hier ?

Est-il possible d'être à la hauteur d'un héritage dont on ne soupçonne pas l'existence ? Peut-on hériter à son issu ? Ou alors, une pensée spontanée, une voix, une œuvre ... partie de rien ou bien, de si peu, mais... pour quel résultat ?

Il n'est pas dit que les désirs de demain soient identiques à ceux d'hier. De quelles voix les générations à venir, de quel espace de réflexion, de quelle conscience de soi, des autres et de la réalité auront-elles besoin ? Jusqu'où l'espèce humaine souhaitera-t-elle qu'on l'élève, qu'on la porte ? Quelle ascension pour elle ? Le mont Ventoux ? L'Everest peut-être ?

Il n'est pas certain du tout que cette humanité de demain souhaite qu'on l'élève si haut. 

***


Qi, le souffle calligraphié en cursive.jpgIl faut bien se résoudre à la conclusion suivante : si aujourd'hui on rencontre des problèmes de transmission d'héritage, Internet et les médias du son et de l'image n'y sont pour rien.

La société, c'est de la C(c)ulture, de l'économie et de la politique. D’aucuns, alarmistes, se précipitent pour nous pour dire qu'avant, c'était mieux, bien mieux, beaucoup mieux même !

Comprenez : "Avant, la transmission avait lieu".

A tous ces Cassandre, on leur conseillera de regarder du côté de l'économie, tout en leur recommandant de cesser de confondre les effets avec les causes - même si cela demandera toujours plus de courage de s'adresser aux causes plutôt qu'aux effets -, car...

Qui peut douter que seul nous est donné à consommer ce qui est "produit et diffusé" ?

Oui ! A consommer !

 

Les forces de production, qui sont bien évidemment des forces de diffusion, ne raisonnantt qu'en terme de consommation, aussi, nous donne t-on ou pas de la littérature, des auteurs, des œuvres à consommer... et quelle littérature, quels auteurs et quelles œuvres ?

Qui décide de ce qui sera donné à consommer ?

On ne peut pas tout consommer. Consommer demande du temps ; et l'on manque tous de temps ; et fatalement, consommer une chose, c'est aussi ne pas en consommer une autre. Et si cette autre chose qu'on ne consomme pas, faute de temps ou bien parce qu'on ne nous la donne pas à consommer, s'appelle Proust, Char, Lautréamont... ou Levinas... ou plus simplement Baudelaire et Rimbaud... la réponse s'impose d'elle-même.

***

  

Se cultiver, c’est être capable de faire des choix. Mais alors, à partir de quel choix, si la panne de transmission d’héritage (faute de diffusion), se confirme ?

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Extrait du titre : Serge ULESKI en blogosphère

A propos de l'ouvrage... cliquez Blogosphère

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